La Crapule papote

Le tourbillon de la vie 

Avant je disais « non il n’y aura pas de troisième bébé « … Mais ça c’était avant.

A la question, alors un petit troisième?
Je répondais non non, 2 c’est très bien. C’est ce que je répétais sans cesse, et j’en étais convaincue.
Et puis la vie réserve des surprises ❤ comme je l’annonçais ICI il y a quelques jours.

Mais il y a quelques mois avant, que la vie nous réserve une jolie surprise, il y a eu un épisode un peu moins heureux.

Un épisode que beaucoup de femmes vivent en silence, et j’ai eu la chance que ça ne se passe pas « si mal », qui pourrait être au final « banal » car ce n’est pas si rare, mais qui m’a fait mal, qui m’a déchiré le cœur, qui a fait couler tellement de larmes.

Alors j’ai eu le besoin de l’écrire, le raconter, sans trop savoir si je le publierai ici.
Au final, je voulais juste « le sortir » pour l’accepter, l’oublier et passer à autre chose.
Et regarder vers l’avant. Alors voilà. 

Un jeudi fin mai, après 7 petits jours de retard, je me suis décidée à faire un test. Pour vérifier. Pour être sure.

Un test parmi d’autres..

Mais voila, en moins de temps qu’il n’en fallait, en juste qq secondes un « + » bien net est apparu. Je l’ai regardé longuement. Très longuement.

Et les larmes sont montées.

Mais pas des larmes de joie.

Mais des larmes pleines de désarroi, de peur, de « qu’est ce que je vais faire », des larmes de culpabilité.

Je me suis écroulée, j’ai pleuré sans m’arrêter. Je ne voulais pas y croire, alors que je sentais au fond de moi qu’il se passait quelque chose.

Je n’en voulais pas. Le moment c’était pas celui ci. Je ne voulais pas de ce petit truc au creux de moi. J’avais déjà deux bonhommes encore bien trop petits.

Mais qu’est ce que j’allais faire de « ça ».

Comment mon couple, qui survit à peine à bébé 2, survivra à un bébé 3.

Comment moi, un peu trop fragile à ce moment là, survivrai à ce bébé?
Passé la surprise, des tas d’interrogations.

Qu’est ce que j’allais faire?

Qu’est ce qu’on allait faire?

Égoïstement je pensais à moi, à ce temps que je voulais pour moi, à ces kilos perdus, à cet été qui arrivait, ces apéros. Oui, je ne pensais qu’à moi.

Le moment n’était pas le bon pour cette 3eme grossesse, ni pour moi, ni pour nous. Ni pour mes bébés qui ont encore tellement besoin d’attention. Pour personne. Et notre appartement était déjà bien trop petit pour nous 4, alors pour 5…

Alors on a parlé interruption de grossesse.

Et finalement est ce que j’arriverais à passer ce pas. Mettre un terme à cette grossesse. Tout arrêter. Empêcher ce petit truc à l’intérieur de moi d’évoluer.

Jusqu’à mon rdv le lundi suivant avec mon médecin, j’ai pleuré, beaucoup beaucoup.

J’étais torturée.

D’un côté, je n’étais pas prête.

De l’autre je savais que je n’aurais pas le courage.

Et la décision n’était pas seulement la mienne.
J’ai eu mon rdv, on ne voyait pas grand chose, ça ne faisait seulement que 3 petites semaines…

Quand il m’a demandé si c’était une bonne nouvelle, j’ai failli fondre en larmes.

Et on a parlé IVG. Des ordonnances. Des instructions. Et la, je me suis rendue compte que finalement non, je ne pouvais pas faire ça!
Je suis rentrée, encore plus torturée.

Parce que je n’étais pas seule. Et si moi je me rendait compte que ce petit bébé était peut être notre destin. Un cadeau de la vie. Lui avait peur pour l’avenir. Que l’on n’y arrive pas. Et pensait vraiment que le moment n’était pas le bon.
Les jours passaient.

Mon cœur s’emballait. Les larmes coulaient. Les hormones augmentaient.

Y a t’il réellement de bons moments pour chaque chose?

La vie nous offrait le plus beau cadeau qu’il soit, on ne pouvait pas laisser passer notre chance.

Notre équilibre était peut être à 5.

Et je ne surmonterai pas un avortement.

Je respecte ce choix. C’est si important de pouvoir avoir le choix, et être libre de son corps.

Mais je le sais, toute ma vie je me demanderai comment il ou elle serait? Une fille? Un garçon? Je serais pleine de regret… Je ne peux pas.

Mais je ne voulais pas imposer mon choix, et que mon couple en pâtisse..
Après des jours, Et de longues heures de discussions, des larmes et des larmes, on a décidé que la famille s’agrandirait.

Que l’on aurait un autre petit bébé.

Ce petit truc à l’intérieur de moi.
Les jours passent. On a retrouvé le sourire.

On a commencé à imaginer une vie à 5. Une fille ou un garçon? 3 enfants 🙂

Toujours plein d’appréhension quand même.

J’ai retrouvé une joie de vivre perdue. Je me sentais plus vivante que jamais.

Moi qui me sentais perdue ces derniers temps. Je revivais.
Quelques semaines plus tard, un rendez vous chez mon médecin pour lui annoncer notre choix, et vérifier que tout va bien.

Avant de partir, je me pouponne comme si j’allais à un rendez vous super important, il ne comprend pas bien, et me charrie un peu, alors je lui dis juste en rigolant avant de partir: « Je me fais belle, c’est la première fois que je vais le voir »..

Bien sûr il sourit. Et on est parti.

On arrive. Je m’installe.
L’écran s’allume… et tout s’écroule.

En un quart de seconde je comprend.

Une tâche noire et blanche sur l’écran.

Pas de bébé. Plus de bébé.

Je reste stoïque. Je répond oui. Je hoche la tête. Je ne craquerai pas. Il serre ma main. Je lui souris.
On pensait voir une petite crevette qui commençait à grandir à l’intérieur de mon bidon.

On parlait finalement de provoquer la fausse couche, car le développement c’était arrêté bien trop tot.
Alors oui c’était que le début, 8 semaines. Et je sais bien qu’il était encore tôt pour se projeter. Mais c’était plus fort que moi. Que nous.
On sort, je m’écroule.

De la tristesse. De la culpabilité. De la colère.
Et puis le vide.. pendant de longues semaines.

Je me mettais à détester chaque femme enceinte que je croisais. À culpabiliser de ne pas l’avoir voulu dès le départ, et finalement si c’était de ma faute. Si mon corps l’avait rejeté à cause de moi. Je détestais ce corps qui n’avait pas fait son boulot. Je serrais mon ventre vide, je le serrais de toutes mes forces. Je me sentais vide.
Cet épisode nous a soudé un peu plus. Cet homme avec qui je partage ma vie est juste exceptionnel. Malgré mon caractère pas facile, il faut l’avouer.

Et avoir un troisième enfant était devenu une évidence.

Tout de suite ou plus tard, nous aurions trois enfants. Et s’il était la notre équilibre.
3 mois passèrent, avec des hauts et des bas et surtout un déménagement dans un appartement bien plus grand à préparer. J’avais laissé de côté cette envie de bébé, trop prise dans les cartons.

Et deux jours avant le grand changement, mon corps me lança quelques signaux.

Un petit tour à la pharmacie, les mains tremblantes, et un nouveau « + » bien net, inespéré, apparut et cette fois, des larmes de joie l’accompagnait.

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2 réflexions au sujet de « Le tourbillon de la vie  »

  1. Cette aventure je l’ai un peu vécu en live au même moment que toi ma belle mais de le voir écrit me touche beaucoup.. Les larmes qui ont fait place à la joie de cette 3eme crapule ont mis pleins de soleil en moi. Tu es une amie, et une maman extraordinaire…❤💛❤💛❤💛❤
    Je t’aime ***

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